Glossaire
ARIAP
L’Association Régionale pour l’Image et les Arts Plastiques a été créée en 1984 par des élèves, des professeurs et des artistes proches de l’École des arts plastiques à Wazemmes, annexe de l’École des beaux-arts de Lille, qui deviendra Les Ateliers d’images et d’arts plastiques, puis le Centre d’arts plastiques et visuels.
Au moment où l’École des beaux-arts était en voie de liquidation, l’ARIAP a trouvé les moyens humains (bénévoles et salariés) et financiers pour proposer cours, ateliers et stages, pour organiser des expositions, des résidences, des échanges internationaux, etc.
L’ARIAP a cessé d’exister en 1999, la ville de Lille intégrant personnel et matériel au sein de la structure municipale : le Centre d’arts plastiques et visuels (site officiel). L’association disparue, c’était inévitable, le lieu pérennisé s’est fonctionnarisé.
Art
Je me suis toujours gardé d’en donner une définition précise, renvoyant le plus souvent à l’étymologie latine, ars, et, pour faire bonne mesure, au grec ancien tekhnē, qui nous fournira technique.
En fait, j’aurais dû dire que l’art est l’un des signes de notre liberté, du moins devrait l’être.
Après avoir tant lu de livres théoriques sur le sujet, genre Le moteur de l’art, oserai-je dire aujourd’hui que moins on en parle, mieux il se (je me) porte ? Pourtant, dans l’ensemble, j’ai fait d’honorables lectures, par exemple avec les livres de Daniel Arasse, Didier Anzieu, Yves Michaud, et bien d’autres (cliquez sur l’image de gauche pour voir la couverture de 12 d’entre eux).
Sans doute faut-il passer par là pour s’en détacher ensuite.
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(monde de)
Plusieurs options possibles (cocher les cases correspondantes) :
◻︎ Appartenir au monde de l’art, même s’il ne veut pas de vous
◻︎ Refuser d’en faire partie
◻︎ L’ignorer tout en ayant conscience de son existence
Aquarelle de François Boucq (ancien élève de l’annexe de Wazemmes) créée à l’occasion de son exposition en 1989.
Centre d’arts plastiques et visuels
Dernière (espérons que ce ne soit pas l’ultime) appellation d’un lieu municipal d’enseignement (non diplômant) et de diffusion artistique, cet établissement est l’unique descendant1 de l’École des beaux-arts de Lille, dont la fondation remonte à 1755. (voir ici pour un historique détaillé)
Quand j’ai commencé à y enseigner, en 1981, l’établissement se nommait École d’arts plastiques de Wazemmes. Composée de 3 professeurs — Serge Valembois (également directeur), Hubert Duquesnoy et moi-même —, elle était la dernière annexe (fondée en 1944) de l’École des beaux-arts de Lille, après les fermetures, en 1959, de celle du quartier de Moulin (fondée en 1946) et, en 1970, de celle de Fives (fondée en 1905) où j’avais suivi des cours fin des années 60 — et où je passerais une nuit au poste de police en 1972. Le bâtiment abrite aujourd’hui la Mairie de quartier. La maison mère, l’École des beaux-arts, ferme définitivement en 1989, en fournissant un peu de son matériel et surtout deux enseignants, Roger Frézin et Francis Dubuisson.
Dotée d’un infime budget de fonctionnement, la création de l’ARIAP, en 1984, lui donne un nouveau souffle humain et financier.
L’annexe de Lille-Wazemmes sera renommée les Ateliers d’Images et d’Arts plastiques en 1989, et deviendra le Centre d’Arts plastiques et visuels en 2000. Il poursuit les missions historiques des cours libres, former des praticiens autonomes, orienter et accompagner ceux qui le souhaitent vers des enseignements supérieurs.
1. Si l’on excepte l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille.
Centre de documentation
Le centre de doc' a été créé en 1995 (et même un peu avant) par l’ARIAP afin de favoriser l’accès à la documentation en photographie et en arts plastiques. D’abord accueilli dans quelques armoires, il s’est enrichi d’année en année pour devenir une source de documentation spécialisée incontournable.
En 1999, le fonds et la gestion du centre de documentation sont rattachés au Centre d’Arts plastiques et visuels, structure municipale lilloise de service public.
Outil pédagogique majeur et partenaire actif des enseignements, il accompagne les professeurs, les élèves et les usagers dans leurs recherches documentaires et artistiques. Il participe à l’émergence des problématiques développées au sein des formations théoriques et pratiques de l’école. Il est aussi un moyen de diffusion et de transmission des connaissances artistiques et de son actualité.
Le mobilier a été créé par Alex Herman en 2008.
Vous y trouverez des écrits sur l’art, histoire de l’art, peinture, dessin, arts graphiques, photographie, nouveaux médias et bande dessinée, des monographies d’artistes du XIVe siècle à nos jours, des catalogues d’exposition et des revues spécialisées.
Une vidéothèque propose des films d’animation, des documentaires, des fictions, de l’art vidéo et du cinéma expérimental. Un fonds jeunesse permet aux enfants et adolescents d’emprunter des livres et des DVD. Une collection de brochures d’artistes et de microéditions valorise la création locale.
Chronologie
Les photographies présentées sur ce site ignorent, le plus souvent, la chronologie. Cependant les dates sont toujours indiquées. Avec le nom des lieux, elles font partie des incontournables de la légende, de ce qui doit être lu.
Ce n’est pas que je me moque de l’ordre du temps (quoique !), mais la succession des photographies selon leurs dates de prise de vue me semble inopérante ici. Je dois avouer aussi que jouer ainsi avec les années m’arrange bien.
Cibachrome
Le Cibachrome, ex-Ilfochrome, est un procédé de tirage photographique couleur depuis un film inversible (ce dernier souvent sous la forme d'une diapositive couleur), produit jusqu'en 2013 par Ilford. […]
Les tirages Ilfochrome sont réputés pour leurs qualités d'archivage (constance des colorants).
Extraits de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cibachrome
Date(s)
voir aussi :
Comme la localisation du lieu, la date nous fournit ce qui semble l’essence même de la photographie, le fameux ça a été. Lieu et date témoignent de la réalité d’une chose, d’un endroit, d’un événement qui fut. Cette réalité de la chose observable, photographiable, a existé, mais n’est déjà plus.
Analogique ou numérique, peu importe en fait, l’image photographique porte en elle la référence, du moins une grande partie, de la chose photographiée à cet instant.
La date d’une peinture nous livre une indication souvent approximative et, in fine, pas toujours indispensable de la réalisation par l’artiste ; les images de l’IA ou celles très manipulées des prises de vue numériques également.
Exposition(s)
En général, on en fait plusieurs ; beaucoup de préférence. Il faut saturer l’espace et remplir son CV.
Il y a celles que j’ai organisées pour les autres, les plus nombreuses, et il y a celles qui montraient mes travaux. J’ai toujours préféré les premières.
Toute proportion gardée, on peut considérer ce site comme une salle d’exposition pour les photographies, et une salle de lecture pour les écrits.
Genre(s) (en photographie)
Distinguer les sujets, les techniques, les thématiques, les styles, et ainsi de suite des pratiques photographiques n’a jamais été de mon goût. J’y sacrifie quand même à contrecœur sur ce site, tout en mesurant les limites de ce refus de trancher.
L’Encyclopédie internationale des photographes (1992) répertorie 58 genres. Albert Plécy, dans sa Grammaire élémentaire de l'image (1960), propose trois grandes classes : les photos témoins ; les photos art ; les photos langage. Pour Philippe Halsman, en 1961, il y a deux sortes de photographies : celles que l’on prend et celles que l’on fait. Chistian Boltanski, dans les années 1980, semble aussi binaire : La photo, pour moi, c’est le photojournalisme, le reste, c’est de la peinture (voir Art Press) .
Lieu(x)
Le lieu, l’endroit d’où la photographie a été prise est généralement une indication géographique, cartographique, contrôlée (même si l’on peut en jouer de plusiers façons). Cette information n’a parfois aucun intérêt. Aujourd’hui, sur les téléphones et certains appareils numériques, la localisation est traduite en coordonnées latitude/longitude, parfois altitude.
Ainsi, l’image ci-contre à gauche contient, dans ses métadonnées, en plus de la date 02/08/2018 à 15:26:51 et d’éléments techniques, les coordonnées, N 57° 8' 45.000", W 3° 49' 9.590 », et l’altitude, 271,8 m. Sous l’ère argentique, la bonne foi et le professionnalisme du ou de la photographe suffisaient, qu’importait la justesse ou les dérives de sa mémoire.
Au-delà de ces indications référentielles de fonctionnaire, le nom du lieu — son toponyme — possède aussi des connotations sociales, affectives, poétiques, etc., que ne produisent pas forcément les GPS.
Un lieu n’est pas réductible à son simple état d’espace. S’il nous fait certes voir du pays, il peut nous ramener à la littérature (le Mont-Noir et Marguerite Yourcenar), à la peinture (la montagne Sainte Victoire et Paul Cézanne), à des souvenirs personnels, etc.
Navigation et Accessibilité
Ce site web a été conçu pour être consulté sur un ordinateur de bureau ou un portable. Il s’adaptera à une tablette ou un smartphone imparfaitement.
Conscient de l’importance de l’accessibilité pour les personnes malvoyantes ou non voyantes, je m’efforce progressivement de rendre mon site capable de lire des textes et des images. Les textes sont parfois des fichiers images, mais ils restent disponibles en PDF ou EPUB ; les images auront toutes peu à peu un texte alternatif (attribut ALT).
Les photographies sont proposées en diaporama et/ou en vignettes que l’on peut agrandir.
La carte du site (qui n’est pas un sitmap) permet d’obtenir une représentation exhaustive de toutes les pages, et de cliquer dessus ; c’est une sorte de sommaire.
Les liens internes, sauf indication contraire (comme pour accéder à cette page), s’affichent dans la même fenêtre, tandis que les liens externes s’ouvrent dans une nouvelle.
Encrier en porcelaine et porte-plume
Machine à écrire Baby
Kodac Instamatic
Outil(s) et aussi Appareil(s)
Bien sûr, un outil n’est jamais neutre. C’est une chose, un objet, qui a une fonction. L’outil est un médium qui perturbe, modifie, plus ou moins, nos usages. Dans les années 1930, Walter Benjamin ne se demandait pas si la photographie était un art, mais ce qu’elle avait changé dans notre conception de l’art. Bien auparavant, pour ne citer que de grands moments, l’écriture (le calame, la plume, les supports, les encres…) a fixé les paroles des humains ; l’imprimerie a augmenté le nombre de lecteurs ; le chemin de fer et l’automobile ont bousculé notre perception du temps, de l’espace, et ont popularisé les voyages (la mer, la montagne…) ; le numérique, l’informatique, l’intelligence artificielle sont en train de transformer la plupart de nos usages, et sans doute notre manière de voir le monde.
Je suis de ceux qui ont appris à écrire avec le crayon de bois et la plume. Un encrier était à disposition dans le trou percé de ma table d’écolier. La plume métallique tachait autant les doigts ou le tablier que les cahiers. Puis vinrent le stylo Bic, le stylo plume, les feutres ; et les crayons de couleur, l’aquarelle, la gouache, le pastel gras, l’huile…
Ma première machine à écrire avait été dénichée dans une braderie. Lourde, elle n’a pas beaucoup servi. Une portative a pris sa place, peut-être une Brother ou une Baby. La dernière fut électrique, Olympia ou Olivetti. Puis ce fut l’ordinateur, qui m’a d’abord été utile pour faire des rapports, courriers administratifs et tableaux Excel, et, un peu plus tard, des logiciels de conception graphique.
Je ne sais plus trop quel était mon premier appareil photo : certainement un Kodak au format 127, puis un Instamatic à cassette. D’autres ont dû suivre. Fin des années soixante, avec mes économies, j’achète un demi-format 35 mm, un Olympus Pen F, si mes souvenirs sont bons. Parfait pour voyager, je me suis vite rendu compte que la qualité manquait. Mes premières photos en Algérie en témoignent.
D’autres épargnes plus conséquentes me permettront d’acquérir d’occasion un Nikon F avec deux objectifs (50 et 35 mm). C’est avec cet appareil que j’ai effectué la plupart des photographies argentiques. Parfois je me servais d’un moyen format 6 x 6 ou 6 x 9 cm, et j’ai aussi cédé à la mode du Polaroid SC-70, malgré son coût exorbitant. Grâce à mon travail d’enseignant, j’ai eu accès au grand format, 4 x 5 inches (voir la Série mytheuse) et 20 x 25 cm (la plus grande partie de la Série métaphysiquée). J’ai construit une chambre 50 x 60 cm à partir d’un banc de reproduction obsolète (utilisé pour la Série herbeuse) ; cette chambre appartient maintenant à Clara Montoya.
Le numérique arrivé, j’ai attendu que le nombre de pixels augmente pour m’équiper. D’abord un Nikon Coolpix 5000, puis un Pentax K 10D, un Nikon D800E, et, récemment, un Fuji X 100 VI. L’iPhone a rejoint la panoplie pour des notes visuelles et textuelles, ou parfois au-delà.
J’arrête de déballer mon matériel.
Battre la campagne, Raymond Queneau, Gallimard, 1968 (exemplaire acheté en avril 1968)
Paysage
Parmi les nombreuses définitions, j’en suggère une inspirée d’un assemblage de quatre dictionnaires contemporains 1 :
• Vue d’ensemble d’une partie de pays, d’un territoire, d’un site qui se présente à un observateur à un endroit donné ;
• Représentation (dessin, peinture, photographie, film, texte…) de cette vue d’ensemble.
Le second point nous concerne. Il diffère du vécu éprouvé face au premier. Devant une photographie de paysage, regardons-nous le paysage ? Des cinq sens, nous n’en avons plus qu’un seul, un sens unique. La vue — construite, composée — qui nous est proposée par le photographe borgne reste, malgré tous ses efforts, enfermée dans les limites de sa technique, de son art . C’est une évidence que de le dire, l’expérience n’est plus la même. Sans doute (il faut bien s’y résoudre), l’intérêt d’une telle image est en partie ailleurs.
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Battre la campagne, recueil de poèmes de Raymond Queneau, est paru en février 1968 aux Éditions Gallimard. Certains de ces poèmes m’avaient alors inspiré, par exemple, celui-ci, p. 181 :
APPRENDRE À VOIR
Les champs de blés mauves et les près rouge sang
le tronc des arbres bleu le feuillage ocre ou brun
les agneaux verts les chèvres jaunes et les vaches argentées
le ruisseau de mercure et la mare de plomb
la ferme en sucre roux l’étable en chocolat
pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas
J’écrivais moi aussi des poèmes, par exemple Azur noirci. Et je peignais en couleur, sur le motif, en plein air, ou dans mon atelier, assemblage de bâches en plastique dans le garage, qu’aucune voiture n’attendait.
Nous marchions beaucoup lors des grandes vacances familiales. J’ai continué quand j’ai commencé à photographier (en noir et blanc !), dans la nature et en ville. La marche est sans doute la condition nécessaire à la production du photographe. Quelques-uns sont restés dans leur studio ou leur jardin avec profit. D’autres prennent le train.
1. Le dictionnaire de l’Académie française, Le Robert, Antidote, Le Larousse.
Courir les rues, Raymond Queneau, Gallimard, 1967 (exemplaire acheté en mai 1968)
Paysage urbain
Déjà l’environnement rural — la campagne — est porteur d’urbanité. La plupart des forêts aussi (toutes ou presque sont exploitées) ; la mer et la montagne, sans doute moins.
C’est le regard d’un citadin qui produit un paysage, « naturel » comme urbain.
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Charles Baudelaire intitule Paysage un poème sur la ville, introduisant ses Tableaux parisiens dans Les Fleurs du mal, publié en 1857. L’artiste (comme le peintre Caspar David Friedrich) n’est plus seul face à la nature, mais ici, seul à sa fenêtre. (En ce sens, Vues de la fenêtre et Vues du train sont des paysages.)
Courir les rues, de Raymond Queneau, paraît en 1967, un an avant Battre la campagne, puisque « les rues, si on les suit jusqu'au bout, mènent aux champs ou dans les bois ». J’avais acheté le livre en mai 68 (voyez à quoi je m’occupais !).
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La photographie de rue — Street photography en anglais — concerne les animaux humains dans leurs territoires (variante de la photo animalière, mais dans un zoo ?).
Le paysage urbain est plus généraliste. Il peut se passer d’humains visibles, même s’ils ne sont jamais bien loin.
Retouche(s) ou post-traitement
Ces deux termes sous-entendent qu’il y a une première touche, un premier traitement. La prise de vue elle-même n’est jamais vraiment « neutre ». Parfois, par exemple ici à gauche (Sur la côte, Belgique, 1979), on peut presque parler de montage instantané.
Dès que j’ai commencé à développer et à agrandir moi-même mes photographies (fin des années soixante), les possibilités d’interprétations dans le processus se sont imposées avec évidence. Personne ou peu ne l’avouait, tous attachés à la pureté de l’acte, de la prise de vue au tirage, brut, sans maquillage. Pourtant, le choix et le développement de la pellicule, ceux du papier, de ses gradations, l’inventivité des trucs de laboratoire (en ce qui me concerne successivement un placard, une salle de bain, une pièce entière…) m’ont vite fait comprendre la relativité de la chose. Mouvement de la main ou de carton opaque, troué ou non, sous la lumière de l’agrandisseur, morceaux du carton noir fixé au bout d’un fil de fer rigide, autant de manipulations qui permettaient de modifier la densité d’un ciel, d’un visage, etc. Les temps n’étaient plus à la retouche directement sur le tirage ni au jeu du cache contre-cache utilisé par les premiers photographes ou cinéastes, comme Georges Méliès, par exemple.
Depuis le numérique tout a bien changé, mais on retrouve toujours dans des logiciels de traitement d’images les outils avec des icônes représentant ces manipulations.
En dehors des « images fabriquées » — (Série mytheuse, Série métaphysiquée) — où tout est permis, ma pratique de retouche est assez sommaire : ce qui à mes yeux améliore la photographie argentique, ou, dans une moindre mesure, numérique (rayures, poussières, contraste, densité, couleur, netteté et grain…) est légitime. À l’occasion, je réalise un montage plus sophistiqué — pas encore de prompt à l’IA générative — d’une partie d’une autre photographie prise dans les mêmes conditions, généralement au même moment, sur le même lieu, et dans un état d’esprit identique : que cette image « fausse » reste une image « vraie ». Il s’agit alors de deux instantanés réunis en un seul.
Les photographies retouchées ainsi sont signalées par un astérisque*.
Technique(s)
voir aussi :
Retouche(s) ou post-traitement
Mais sans technique, un don n'est rien qu'une sale manie...
Georges Brassens, Le mauvais sujet repenti, 1952
Emprunt au grec ancien tekhnikos, « relatif au savoir-faire »; du grec ancien tekhnē, « art ou savoir-faire », dit mon dictionnaire (et correcteur) Antidote.
Aucun art n’y échappe, sauf peut-être, ce que l’on nomme aujourd’hui, l’art pariétal et rupestre ; et encore : il a fallu maîtriser l’usage des silex, des pigments, du feu, de la fabrication des pinceaux, etc.
Les savoir-faire ont évolué lentement. Depuis près deux siècles, de « l’invention de la photographie » à celle de l’image créée par l’intelligence artificielle. Au-delà d’un ressenti d’accélération, le comment faire tend à concurrencer la question du pourquoi.
Vous, toi, moi, les autres…
Tous les arts sont comme des miroirs où l’homme connaît et reconnaît
quelque chose de lui-même qu’il ignorait.
Alain (1868-1951)
[…], peu à peu, se dégage finalement la vérité, une vérité plus nue, si je puis dire, c’est que, on écrit parce que, au fond, on aime cela et parce que ça fait plaisir. C’est donc pour un motif de jouissance qu’on écrit, ce qui ne veut pas dire que, dans cet acte de jouissance, on ne rencontre pas tout simplement les autres.
Roland Barthes (1915-1980)
J’avais une élève qui n’en démordait pas : Je fais des photographies pour moi, pas pour les autres. Pourtant, elle suivait mes cours, avait l’air de s’y intéresser ; à ceux consacrés à l’analyse de l’image et à son « histoire » autant qu’à ceux dédiés aux aspects techniques. J’avais beau lui dire qu’une part de vérité se nichait dans son affirmation, j’argumentais qu’il était impossible d’ignorer les autres une fois qu’on leur présentait ses productions.
Que lui opposerais-je aujourd’hui ? La phrase d’Alain (Vingt leçons sur les beaux-arts, 1931) est ambiguë : est-ce l’émetteur ou le récepteur dont il est question ; l’artiste ou le regardeur, l’écrivain ou le lecteur ? La déclaration de Barthes (Entretien, fin des anneés 1980) aurait pu servir de base pour trouver un terrain d’entente.
Vous, toi, les autres, vous êtes toutes et tous ici lecteurs et regardeurs ; aucun doute à ce sujet.
Je propose des écrits et des photographies à la vue, à la pensée, et aussi, peut-être, à une certaine délectation, voire à du plaisir. Restent l’interprétation, les multiples connotations ; là, c’est à vous de jouer !
© Jean pierre Morcrette
21/03/2025